Diagna Ndiaye dresse le portrait-robot de ses collaborateurs
Nommé lundi dernier par arrêté ministériel à la tête du “comité de normalisation“ du football sénégalais, Mamadou Diagna Ndiaye qui ne veut pas se présenter comme un messie dresse le portrait-robot de ses futurs collaborateurs.
“D'abord un constat“, fait-il remarquer dans un communiqué parvenu à notre Rédaction hier, “un constat à propos duquel il ne saurait y avoir de divergence de vue, parce qu'il s'impose à tous : le football sénégalais est entré en crise“. Et d'ajouter, “en raison de la charge symbolique et passionnelle, de ce sport et de sa centralité dans l'espace social, la crise du football sénégalais est extrêmement préoccupante. L'ampleur prise par cette question dans l'opinion publique fait que nous avons désormais atteint le point de rupture“.
“Dès lors, me revient en mémoire la fameuse interrogation de Lénine : Que faire ?“ interroge-t-il avant d'indiquer que l'urgence appelle “l'action sur le temps court“. Le délai que fixe la Fifa pour cette structure d'exception est d'un an.
Pour contribuer à la résolution de la crise de la Fsf, l'administrateur de la Cbao, rappelle ce que le législateur a prévu lorsqu'un blocage survient dans la gestion d'un autre type d'assemblée d'élus : les conseils municipaux. “En cas de crise, dit-il, la loi prévoit comme solution entre deux élections, que soit mise en place une délégation spéciale. Cet instrument de gestion provisoire est généralement constitué d'hommes et de femmes, à l'expertise établie, et connus pour leur probité morale et intellectuelle“.
“Une telle solution soutient-il, pourrait être appliquée au football national dans la séquence qui est la sienne aujourd'hui“.
Pourtant, Diagna Ndiaye appelle à la “lucidité“ et à la “justesse“ parce que indique-t-il, “il ne s'agit pas d'instruire je ne sais quel procès en sorcellerie ou de dresser un bûcher contre tel ou tel dirigeant ou responsable sportif à quelque niveau qu'il se situe“. “Il ne s'agit pas non plus d'une “tabula rasa“ en faisant semblant de croire, non sans immodestie, que rien n'a été de fait avant l'avènement de cette crise“.
Au contraire ! “Ma conviction profonde, dira-t-il, est que la refondation du football sénégalais, c'est-à-dire sa reconstruction et sa remise en perspective se feront avec la prise en compte pleine et entière des acquis significatifs enregistrés dans ce domaine tout au long des années précédentes. La structure d'exception qui sera mise sur pied à l'effet de juguler la crise doit prendre en compte cette dimension“.
A son avis, “cette structure ouverte, de libre réflexion devra se donner comme ligne de conduite comme impératif catégorique, la profondeur et la qualité de ses délibérations et surtout l'audace dans les propositions et les innovations à soumettre aux autorités compétentes. Elle devra présenter ses conclusions dans un délai bref, en réponse à un cahier des charges précis et dans un esprit tout à fait programmatique et ouvert“.
Voilà pourquoi M. Ndiaye refuse d'être vu comme un messie. “Ce n'est donc, bien entendu, ni l'affaire d'un homme providentiel ni celle d'un homme d'exception. Je ne crois pas au miracle à moins qu'il ne s'agisse du miracle de la volonté et de l'effort. Le miracle d'un homme qui aime tout simplement le sport et beaucoup son pays. Je suis un adepte de Bachelard pour qui le “malheur de la question, c'est la réponse“ déclare l'ancien président de la Fédération sénégalaise de tennis.
Le président du Cnoss considère en revanche dans cette crise du football comme “une opportunité“, puisque argue-t-il, “comme toute crise, elle porte en elle-même les germes de sa transcendance, c'est-à-dire du progrès, de sa thérapeutique. La crise qui cristallise nos interrogations et notre attention, n'est pas synonyme d'impasse. Elle requiert de l'engagement, de la méthode et de la pédagogie“.
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